Les stories du Musée de la Tour d’Anhaive : l’histoire piquante de la moutarde Bister 4eme partie

Jean Bister

La succession de Jean Bister est préparée, car dès 1950, il met un pied dans l’entreprise et s’y implique de plus en plus.

Jean Bister poursuit d’ailleurs la politique paternelle de diversification des produits, car il ajoute en 1955 la production de câpres, d’olives et de moutarde de Dijon aux autres produits Bister. Fort de ses études en économie, il capitalise sur les produits avant tout, bien conscient que la renommée de la marque est acquise grâce à la fidélisation des client·e·s.

Malgré la diversification des produits, Jean observe une concurrence croissante dans les années 70. La compétition entre les producteurs de moutarde est forte, entraînant de nombreuses faillites. L’entreprise Bister est, d’ailleurs, approchée trois fois par des firmes étrangères en vue d’un potentiel rachat. Mais fort de son sentiment familial et de l’importance de l’ancrage jambois, Jean décline ces propositions et modernise les équipements de la firme pour tenir la concurrence du marché. Cette modernisation permet une augmentation de la production et améliore le travail des employé·e·s. Ainsi, les Établissements Bister disposent désormais d’une machine pour nettoyer les bocaux vides qui étaient retournés par les acheteurs. L’amélioration des conditions de travail s’observe également dans le transport des marchandises. En effet, les pots qui autrefois étaient acheminés par une charrette tirée par des chevaux sortis de l’écurie de la firme, le sont maintenant par des camions brandés « Bister ». Ces camions, qui faisaient la fierté de Jean Bister, acheminaient les pots remplis aux clients et repartaient chargés des vidanges. 

Dans une perspective d’autosuffisance, des expérimentations sont menées pour planter des champs de moutarde, car les graines venaient essentiellement du Canada. Mais ces tentatives se soldent par un échec, les quantités et la qualité n’étant pas au rendez-vous. Les graines de moutarde étrangères restent financièrement plus attractives. D’autres expériences de ce genre seront menées par la suite par Fabienne Bister, mais elles déboucheront sur des résultats semblables.