Les stories du Musée de la Tour d’Anhaive : l’histoire piquante de la moutarde Bister 3eme partie

L’après-guerre : une période d’innovations

Une fois revenu du front, François Bister est bien décidé à faire grandir son entreprise de moutarde. Avant le conflit, on se procurait de la moutarde auprès des épiceries qui la conservaient dans de grands pots en terre cuite (que vous pouvez retrouver dans notre collection muséale). Après la guerre, les mentalités évoluent et on assiste à l’accroissement des libres-services obligeant ainsi la firme Bister à développer des pots reconnaissables. François Bister fait un choix astucieux et opte pour la grenade Mills utilisée par les alliés pour lutter contre l’envahisseur. Il est à savoir que la forme du bocal est déposée comme marque commerciale et que le moule appartient à la firme. Cet ingénieux coup marketing se voit renforcé par la mise en place d’un réseau de neuf commerciaux, à raison d’un par province, ainsi que par le développement d’une large variété d’objets publicitaires (boîte d’allumettes, affiches, enseignes lumineuses, etc.).

En plus de ce développement publicitaire, François Bister sent bien qu’il doit étendre sa gamme afin de toucher plus de consommateurs. La firme lance, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, son produit « Horse », composé de 50 % de sauce, 25 % de cornichons et 25 % d’oignons et de choux-fleurs. Ce bocal portant une étiquette à la tête de cheval verra son nom modifié en « Piccalilli » que l’on peut toujours trouver dans les rayons de supermarchés aujourd’hui. À cette nouvelle sauce, François Bister vient ajouter le développement d’une vinaigrerie à Namur sous le nom de L’Épi.

Les titres délivrés aux produits Bister contribuent également à sa renommée : médaille d’or à l’Exposition universelle et internationale de Bruxelles en 1935, diplôme d’honneur à l’Exposition internationale de la technique de l’eau à Liège en 1939, médaille d’argent de l’Exposition des industries alimentaires à Bruxelles en 1948, médaille d’or au Salon de l’alimentation de Bruxelles et médaille d’argent de l’Exposition universelle et internationale de Bruxelles en 1958.

Même à la fin de sa vie, François Bister ne lâche pas complètement les rênes de l’entreprise. Il continuera de s’y rendre quotidiennement. Mais inévitablement, les commandes de l’entreprise doivent changer de mains et finiront dans celles de celui qui a mené l’entreprise durant la guerre lorsque son père était au combat, Jean Bister.