Les stories du Musée de la Tour d’Anhaive : l’histoire piquante de la moutarde Bister 1er partie
François Bister
La chicoré : des débuts difficiles
François Bister dit “Franz” est né à Namur en 1891, dans une famille qui en plus de ses parents Jules Bister et Joséphine Demarcelle, compte sept frères et sœurs. Il a suivi des études en ferronnerie et revient blessé de la Première Guerre mondiale. Après cet événement majeur, il se laisse entraîner par son cousin Fernand Depaire, voyageur (= commercial) chez le vendeur de chicorée Émile Cajot. Fernand, suite à un contentieux avec son patron, convainc son cousin François d’acheter la firme de Chicorée de la Meuse. L’esprit entreprenant, François rencontre, avec l’aide de son cousin, les fournisseurs et convaincu que l’affaire peut être rentable, il reprend la firme et son matériel le 17 octobre 1919 pour 600 000 francs. Toutefois, Franz n’a aucune connaissance du secteur de la chicorée et de la publicité de laquelle il dépend si fortement. Il est forcé de s’y mettre afin de concurrencer les autres firmes, ce qu’il fera modestement au départ en faisant participer le camion de l’entreprise à des cortèges.
Dès le début, l’entreprise revêt un caractère familial, car François Bister est aidé par sa sœur Marie-Louise, qui s’occupe de la gestion du bureau et des comptes. Les premiers moments de l’entreprise ne sont pas aux grandes dépenses : il faut se montrer économe. C’est pour cette raison que François Bister prend le pli d’aller visiter à moto ses clients et de conduire lui-même son camion afin de faire des économies en n’engageant pas de chauffeur. Camille, un des employés, se charge de la livraison à Namur au moyen d’un cheval. En plus de cette activité, Camille doit également se charger de la cuisson, ce qui aura pour incidence de brunir la paume de ses mains. Le commerce de la chicorée nécessite un travail difficile et éreintant de la part de tous les membres de l’entreprise.
Au prix de nombreux efforts, les affaires commencent à décoller, mais un événement vient stopper net cette progression. Le 1er janvier 1926, la fonte des neiges entraîne une importante inondation qui va causer de nombreuses pertes à François Bister : huit tonnes de chicorée sont perdues. Face à ces difficultés, la famille se serre les coudes et son frère Jules lui envoie de la main-d’œuvre pour nettoyer les dégâts. Ce coup dur n’ébranle pas le jeune entrepreneur qui relance son activité, mais la volonté ne suffit pas et il voit ses ventes diminuer entre 1926 et 1929.